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Paris et ses passages couverts

Bref historique des Passages

passage parisNB en dehors des passages, les églises, monuments et façades d'immeubles méritent votre attention ou visite.


Passage Molière : Ouvert vers 1791, ancienement "passage des Sans Culottes" et "passage des Nourrices". Origine du nom dû à la proximité du théâtre Molière. Cette allée pavée est un exemple du charme du "Vieux paris".

Passage Bourg l'Abbé  : Édifié en 1828 par Auguste Lusson le passage Bourg-l'Abbé n'est plus aujourd'hui que l'ombre de sa grandeur passée. L'entrée du passage est l’œuvre d'Henri Blondel. Les deux cariatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du commerce et de l’industrie.

Passage du Grand Cerf : Le passage a été construit sur l'emplacement de la Maison du roulage du Grand Cerf où les diligences royales amenaient la messagerie destinée à l'Est de la France. Il est long de 113 mètres et est surtout réputé pour la hauteur de sa verrière (classée). Avec 11,80 mètres c'est la plus haute de Paris. La décoration est de style néoclassique. Les passerelles métalliques et les vitrines en boiseries apportent un côté chic et sobre. Deux étages de verrières illuminent le passage.

Passage de la Trinité : Le passage de la Trinité a été ouvert en 1827 sur l'emplacement de l'ancien hôpital de la Trinité et de son cimetière. Il est dépourvu de tout commerce. On pourrait le classer parmi les plus désertés de tout touriste.

Passage du Prado : Le Passage du Prado a été créé en 1785 sous le nom de Passage du Bois de Boulogne, reprenant le nom du bal qui y était situé. C'était un passage découvert et il possédait déjà la rotonde qui marque l'articulation des deux directions du passage.
Il ne fut couvert qu'en 1925 et c'est à cette époque qu'il prit son nom actuel. Le style architectural des supports de la verrière renvoie clairement à l'exposition des Arts Décoratifs de 1925. La verrière est caractérisée par les décorations de ses fermes en "staff" disposées sur une armature en fer. Les deux bras du passage, disposés à angle droit, sont reliés par une belle rotonde surmontée d'une verrière  

Passage Brady : Le passage Brady ressemble à un petit morceau de péninsule indienne échoué à Paris. De nombreux restaurants et épiceries parfument cette galerie ouverte dès 1828. La concurrence est rude et l'on s'arrache les clients à grands coups de sourires et de menus très intéressants.

Galerie Véro-Dodat : La réalisation de ce passage est caractéristique des opérations immobilières spéculatives de la Restauration. En 1826, deux investisseurs, le charcutier Benoît Véro et le financier Dodat, firent édifier ce passage, entre le Palais-Royal et les Halles. Il offrait un raccourci plaisant entre ces deux lieux alors très fréquentés et fut rapidement adopté par le public. De style néoclassique, la Galerie Véro-Dodat doit son animation et sa réputation à la présence des « Messageries Laffitte et Gaillard », situées à l’entrée du passage. Les voyageurs qui attendaient leurs diligences allaient flâner parmi les magasins à la mode et contribuèrent pour une large part au succès de ce passage. Le marchand d'estampes Aubert, éditeur du Charivari et de La Caricature, s'y installa également et y exposa les plus célèbres caricaturistes de l'époque. Puis c'est la tragédienne Rachel qui occupa un appartement du passage de 1838 à 1842. Le Second Empire et la disparition des « Messageries » amorcèrent le déclin de la galerie. Relativement boudée aujourd'hui, la galerie Véro-Dodat est pourtant une des plus charmantes de Paris.

Galerie de Valois : les galeries de Valois, de Beaujolais, de Montpensier entourent les jardins du Palais-Royal.
Le duc d'Orléans, Philippe Égalité, pour subvenir aux frais de sa cour, agrandit le Palais-Royal et loua le rez-de-chaussée à des commerçants, tenanciers de tripots, transformant ainsi le Palais-Royal en véritable bazar.
En 1786, trois des quatre bâtiments prévus furent achevés selon les plans de Victor Louis. Dans la réalisation, un soin tout particulier a été apporté aux détails de modénatures. Les galeries du Palais-Royal devinrent les modèles de la vie dans les passages : les flâneurs s'y abritaient des intempéries, le libertinage se donnait sans limite, dans ce bazar tout s'y mêlait. La boutique du coutelier Badin chez lequel Charlotte Corday acheta le 13 juillet 1793 le couteau qu'elle utilisa le jour même pour aller poignarder Jean-Paul Marat chez lui dans sa baignoire.

Galerie Vivienne : Elle est construite en 1823 par le président de la Chambre des Notaires Marchoux d'après les plans dessinés par l'architecte François Jean Delannoy. Ce dernier conçoit un décor de style pompéien néo-classique recouvert d'une verrière élégante, fait de mosaïques, peintures et sculptures exaltant le commerce. Les travaux de restauration permettent de réhabiliter les caducées, ancre et ornes d'abondance qui ornent les fenêtres en demi-lunes ainsi que les déesses et les nymphes qui décorent la rotonde. Les mosaïques du sol sont signées G. Faccina. La grande galerie de 42 m de long est suivie d’une rotonde vitrée avec une coupole en verre hémisphérique, l’ensemble étant d’origine, les carreaux permettant une aération modulée. Inaugurée en 1826 sous le nom de Marchoux, puis rapidement baptisée Vivienne, cette galerie tire profit de son emplacement exceptionnel. Elle attire bon nombre de visiteurs avec ses boutiques de tailleur, bottier, marchand de vin, restaurateur, libraire, mercier, confiseur, marchand d’estampes ... Située entre le Palais Royal, en déclin, la Bourse et les Grands Boulevards, ce passage connaît un succès considérable jusqu'à la fin du Second Empire. 

Rue des Colonnes : Voie privée à l'origine, cette rue est l'un des rares exemples de construction de l'époque révolutionnaire. 

Passage des Panoramas :Il a été construit en 1799-1800 à la place de l'hôtel de Montmorency-Luxembourg. Son nom provient d'une attraction installée au-dessus de l'entrée : deux rotondes où étaient peints des tableaux panoramiques représentant des paysages de grandes villes. Les rotondes ont été détruites en 1831. Dans les années 1830, l'architecte Jean-Louis Victor Grisart rénove le passage et crée trois galeries supplémentaires à l'intérieur du pâté de maisons : la galerie Saint-Marc parallèle au passage, la galerie des Variétés qui donne accès à l'entrée des artistes du théâtre des Variétés, les galeries Feydeau et Montmartre. S'y installent le graveur Henri Stern, puis des marchands de cartes postales et de timbres-poste, ainsi que quelques restaurants. Actuellement, la partie du passage proche du boulevard Montmartre est richement décorée, tandis que la partie plus éloignée et les galeries sont plus quelconques. La boutique du graveur Stern est inscrite monuments historiques.

Passage Jouffroy : Le passage Jouffroy fut habilement édifié en 1847 dans le prolongement du passage des Panoramas alors très en vogue. Il rencontra de ce fait un vif succès qui ne s'est pas démenti depuis. En effet, Arthur Meyer, fondateur du journal Le Gaulois, s’associa avec Alfred Grévin, célèbre caricaturiste de son temps, pour créer une galerie de personnages en cire sur un terrain adjacent au passage. Celle-ci fut inaugurée le 10 janvier 1882 et est devenue depuis le célèbre musée Grévin. La sortie du musée, ornée d'un décor composé de divers personnages, se situe dans le passage et contribue pour une large part à son succès.

Passage Verdeau : Le passage Verdeau se situe dans le prolongement des passages des Panoramas et Jouffroy. Il fut d'ailleurs édifié en 1847, en même temps et par les mêmes architectes que le passage Jouffroy. Le passage tient son nom de Monsieur Verdeau, l'un des promoteurs du passage et actionnaire de la société du passage Jouffroy, par ailleurs inventeur du système de location de linge aux hôtels et meublés.
Situé en retrait, le passage Verdeau a toujours souffert de la comparaison avec les passages qu'il prolonge et est longtemps resté déshérité. C’est pourtant l’un des plus clairs, possédant une haute verrière en arête de poisson et un dessin néoclassique épuré.